Où les parents peuvent-ils s’informer en 2023 pour s’appuyer en éducation à la sexualité?

Un petit guide de ressources en éducation à la sexualité pour aider les parents.

En avril dernier, le projet de loi HB 1557 ou, plus communément appelé « Dont Say Gay », initialement lancé en juillet 2022, a été élargi. Dans l’État de la Floride, depuis le premier juillet dernier, il est interdit d’enseigner des notions touchant l’identité de genre et l’orientation sexuelle de la maternelle à la 12e année. En somme, les enseignant.e.s ne peuvent aborder ces sujets « sauf si des questions surviennent de manière spontanée ou s’il s’agit d’un cours sur la santé reproductive, dont les parents peuvent retirer leurs enfants. »

Avec ce genre de climat politique pas très loin de nous, il est normal de se demander comment on fait de l’éducation à la sexualité de notre côté. Aux parents qui se questionnent sur la meilleure façon d’approcher le sujet en 2023, voici un tour d’horizon de ce qui peut être proposé. 

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Les contenus à privilégier

Pour savoir par où commencer, le plus simple est certainement d’aller voir les contenus en éducation à la sexualité qui sont déterminés par le Ministère de l’Éducation. Ceux-ci sont classés par niveaux scolaires (primaire et secondaire) et c’est donc plus facile de s’y retrouver et d’avoir une idée des sujets à aborder selon l’âge et l’évolution de l’enfant. Les thèmes abordés sont divisés en neuf grandes catégories. Pour ne pas vous énumérer une liste pendant 8 minutes, je propose de recentrer sur cinq thèmes qui amènent beaucoup de questions chez les jeunes… et les parents! 

Image corporelle

On le sait, les jeunes passent énormément de temps sur les médias sociaux. Des plateformes comme Instagram et TikTok sont très populaires, parce très visuelles et ludiques. Les filtres sont énormément utilisés et ça plaît beaucoup aux jeunes générations, mais ça peut aussi avoir des aspects moins reluisants. On l’a vu récemment avec le filtre Bold Glamour qui inquiète plusieurs spécialistes en santé qui estiment que son réalisme frappant peut amener les gens à se comparer à ce genre d’artifices trop bien faits. En 2022, le magazine The Face signait d’ailleurs un article sur l’idée de « beauty overstimulation ». C’est-à-dire que nous ne sommes pas conçus, à la base, pour assimiler autant de beaux visages et d’absence d’imperfections. Et parce qu’on fonctionne beaucoup par comparaison, on se retrouve avec un malaise face à sa propre image. Cela crée une discordance entre ce que l’on voit sur les applications versus ce qu’on voit de soi dans le quotidien, « au naturel », si l’on peut dire. 

D’autres problèmes peuvent aussi émerger. L’’organisme Pause ton écran rapporte d’ailleurs qu’une étude, publiée dans le magazine Psychology & Health par Patricia J. Conrod de l’Université de Montréal, démontre qu’on associe l’usage des médias sociaux à des problèmes d’estime de soi et à des symptômes associés à des problèmes alimentaires. Selon l’organisme ÉquiLibre, plus de la moitié des ados sont insatisfait.es de leur image corporelle. C’est donc primordial d’en discuter avec vos jeunes. Pour s’aider, on peut se tourner vers : 

Pause ton écran
Programme Oser être soi-même  
Cher corps, je t’aime : guide pour aimer son corps – Jessica Sanders et Carol Rossetti
Éditions Crackboom, 2019
L’organisme ÉquiLibre
Fondation Jeunes en tête 
ANEB (Anorexie et boulimie Québec)

Identité et orientation sexuelle

On le voit avec ce qui se passe en Floride, les questions sur l’identité et l’orientation sexuelle dérangent et peuvent rendre inconfortables certains parents. Et les jeunes ont besoin d’appui, de façon générale, mais particulièrement sur ces questions. Selon le Ministère de la santé et des services sociaux, les jeunes personnes LGBTQ+ vivent énormément de discrimination (services de santé et sociaux, institutions) et de cyberintimidation. Il y a aussi une surreprésentation de cette population chez les personnes en situation d’itinérance. Étant donné la stigmatisation vécue, cela les rend aussi plus vulnérables à avoir des idées suicidaires. C’est surtout les obstacles rencontrés et la non-reconnaissance de leur identité et/ou leur orientation sexuelle qui font en sorte qu’elles ressentent de la détresse; ce n’est souvent pas le fait d’être LGBTQ+.

Alter-héros
Jeunes identités créatives
Interligne
Jeunesse Lambda
Jeunes trans et non binaires : de l’accompagnement à l’affirmation – Annie Pullen Sansfaçon & Denise Medico, Éditions du Remue-Ménage, 2022
Nouvel éloge de la diversité sexuelle – Michel Dorais, VLB Éditeur, 2019
La licorne du genre
Centre Meraki
Projet 10 

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Violences sexuelles

Au Québec, ce sont les jeunes de 12 à 17 qui sont les plus touchés par les agressions sexuelles et… ce sont aussi les jeunes de 12 à 17 ans qui représentent le plus grand nombre d’agresseur.e.s. Selon La Presse, le Ministère de la sécurité publique estime que « le taux d’auteurs présumés est plus de quatre fois supérieur chez les jeunes pour les agressions sexuelles et dix fois plus élevé pour les autres infractions d’ordre sexuel. »  On sait aussi que les signalements ont augmenté dans les dernières années, à cause du mouvement #MeToo, mais ils sont encore en hausse ces derniers mois. 

On encourage les parents à discuter le plus tôt possible de consentement, même dès qu’ils ou elles sont tout petits. Dès l’âge de 3-4 ans, il est possible de faire comprendre à l’enfant qu’il a droit à ses limites. On peut aussi lui apprendre à nommer les parties du corps afin d’avoir les bons mots pour s’exprimer et qu’il ou elle comprenne que certaines parties de son corps n’ont pas à être touchées par des personnes connues ou inconnues.  

Les violences sexuelles peuvent aussi se passer en ligne, il est donc important d’adresser aussi ces questions avec les jeunes. Surtout que l’on sait que plusieurs d’entre eux.elles peuvent s’encourager à sexter, par exemple, même si l’envie n’y est pas.  

Fondation Marie-Vincent
C’est pas violent (Sos violence conjugale)
Le Piamp (guide sexting)
Éducaloi 

Vie affective et amoureuse

On sait que l’amitié et l’amour ont une grande importance chez beaucoup de jeunes. Selon Tel-Jeunes, les jeunes ados qui sont en couple vont majoritairement se tourner vers leur partenaire pour se sentir soutenu.e.s dans leurs projets, mais également pour se sentir appuyé.e.s en cas d’inquiétude, de stress et si ça va moins bien. Les relations amoureuses sont donc très significatives et les amitiés également. L’influence de ces relations peut parfois inquiéter les parents qui se demandent peut-être comment garder une bonne communication avec l’enfant/l’ado et s’assurer que son développement se passe bien et sans trop de phases houleuses. On peut alors se tourner vers : 

Tel-Jeunes (Ligne Parents)
Naître et grandir (peine d’amitié)
Communication-Jeunesse (amour et amitié)
Sex Education
Ma première fois – Collectif, Éditions de la Bagnole, 2022
J’aime les filles – Diane Obomsawin (ONF)
Ouvre les yeux  

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Santé sexuelle (ITSS, grossesse, sécuri-sexe. hygiène, menstruations, etc.)

Évidemment, on se doit de nommer la santé sexuelle, puisqu’elle est au cœur de l’éducation à la sexualité. On pense rapidement à se prémunir contre les ITSS et prévenir une grossesse non désirée, mais la santé sexuelle c’est aussi l’hygiène, la gestion des règles, les pratiques sexuelles sécuritaires, etc. Il existe beaucoup de ressources à ce sujet qui peuvent être utilisées par les parents. 

AlloProf
Gouvernement du Québec

Gouvernement du Canada
Tel-Jeunes

Des ressources générales en éducation à la sexualité   

Livres
On s’explique ça – Collectif, Éditions de l’Homme, 2021
Sexe, ce drôle de mot – Cory Silverberg, Dent-de-lion, 2021
You know, sex – Cory Silverberg, Seven Stories Press, 2022
Tout nu!
Kaléidoscope

Magazine
Curium

Organismes
Tel-jeunes
L’Anonyme (ateliers)

Sites web
AlloProf
Télé-Québec en classe
Coalition ÉduSex
MAJ (ABC de l’intimité)
Télé-Québec en classe (section Éducation à la sexualité)
ONF (Primaire et secondaire)

Balados
Mon guide sexu (6-9 ans et 10-12 ans)

Séries télé
Sex Education
Big Mouth

Nouveautés
Re/Forme
Nouveau cadre (ateliers, films) 
Olie (application mobile, petite enfance)

Photo de une : Nataliya Vaitkevich

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