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La tête dans le cul

Endométriose : 10 choses à savoir sur cette maladie

Le 24 mars, c’est la Journée mondiale contre l’endométriose: parlons-en!

L’endométriose, c’est une maladie dont on parle depuis tout récemment, pourtant, elle existe depuis fort longtemps! Comme les menstruations, elle a malheureusement connu son lot de tabous, ce qui a fait en sorte que la discussion à ce sujet a énormément tardé à émerger. Mais, heureusement, il n’est plus rare que l’endométriose fasse maintenant la une de grands médias. Car plus on en discute, plus on peut trouver des solutions pour améliorer la vie des personnes qui en souffrent. J’ai eu envie de vous proposer une petite liste d’éléments à connaître sur cette maladie qui est loin d’être anodine et rarissime. Voici donc.

1. L’endométriose, c’est…

Quand l’endomètre — la muqueuse faite de tissu cellulaire qui se colle à la paroi de l’utérus pour accueillir une éventuelle grossesse — s’en va hors de l’utérus. Les tissus de l’endomètre s’activent par un signal qui indique que les menstruations s’en viennent et cela les fait réagir pour s’écouler hors du vagin. Comme ils ne peuvent pas sortir, parce que pris en-dehors de l’utérus, eh bien, ça fait mal!

2. On estime qu’environ 5 à 10% des femmes souffrent d’endométriose

Çe chiffre peut sembler énorme, mais pourtant c’est bel et bien le cas. Selon le magazine Québec Science, cette maladie touche 1 million d’adolescentes et de femmes au Canada. Tandis que, dans le monde, ce serait plutôt 180 millions… Ça fait beaucoup (beaucoup!) de gens.

3. . Sorcières ou simplement… malades?

Lorsque l’on se penche sur l’histoire de la santé sexuelle des femmes, on réalise que plusieurs de celles qui ont été jugées dans les procès pour sorcellerie souffraient probalement d’endométriose.


On pensait qu’elles étaient possédées par le démon et plusieurs ont été brûlées sur un bûcher juste parce qu’elles étaient malades et qu’elles souffraient.

Les règles… Quelle aventure! – Élise Thiébaut

Martin Winckler, médecin et spécialiste de la santé des femmes, dit ceci à propos de la dysménorrhée (douleurs menstruelles):


Combien de femmes ont-elles été brûlées comme sorcières — ou plus tard qualifiées d’« hystériques » — parce qu’elles souffraient, périodiquement, d’un syndrome prémenstruel ?

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les règles sans jamais avoir oser demander – Martin Winckler

Bref, les menstruations semblent avoir été un élément important dans les accusations de sorcellerie. Et c’est effrayant.

4. La maladie peut causer l’infertilité

Effectivement, il y a une corrélation à faire entre cette maladie et la difficulté à devenir enceinte. Selon le site TesRègles.ca, «l’endométriose n’est trouvée que chez 5 % des femmes fertiles, mais la prévalence de l’affection chez les femmes infertiles serait de 25 à 50 %» .

5. Le diagnostic est complexe à faire et peut prendre plusieurs années à être confirmé

L’endométriose est considérée comme plutôt compliquée à diagnostiquer, puisque plusieurs symptômes sont similaires à d’autres maladies ou affections. Selon le SOGQ (la Société des obstétriciens et gynécoloques du Québec), «il s’écoule généralement entre 7 et 12 ans entre le premier signalement par la patiente et le diagnostic.»

6. Mais, il y a de l’espoir!

Une étude américaine récente a annoncé «un moyen expérimental, rapide et non invasif pour diagnostiquer l’endométriose». Le sang des femmes qui ont la maladie serait différent de celles qui n’en souffrent pas. Il suffirait simplement d’analyser le sang menstruel récupéré lors des règles, donc rien d’invasif et douloureux.

7. Yoga, méditation, acupuncture et ostéopathie: des façons d’atténuer la douleur

La médecine douce et les approches holistiques comme le yoga et la méditation de pleine conscience peuvent aider à détendre le corps et à atténuer les douleurs. Ce sont des méthodes qui n’éradiquent pas la maladie, mais qui sont à considérer pour aider et améliorer sa condition. Par contre, tout dépend de chaque personne: ce qui soulagera l’une ne soulagera peut-être pas l’autre et inversement. Toujours sur le site TesRègles.ca, on dit:


Bien des femmes souffrant de douleurs pelviennes chroniques se voient soulagées en pratiquant régulièrement de l’activité physique, comme le yoga, en adoptant des techniques de pleine conscience et en méditant. Ces techniques et les autres types de techniques de relaxation pourraient vous aider à gérer vos symptômes.

TesRègles.ca

8. Des crampes menstruelles douloureuses… mais pas que!

Rapports sexuels douloureux, douleurs pelviennes et au moment d’uriner. problèmes gastro-intestinaux: ce sont des symptômes considérés «courants» chez les personnes qui souffrent d’endométriose, selon la SOGQ.

9. Des causes génétiques… ou environnementales?

On arrive difficilement à dire d’où vient l’endométriose, mais on soupçonne la génétique. Selon l’INSERM (L’Institut national de la santé et de la recherche médicale en France), des chercheurs «sont parvenus à identifier des variations génétiques significativement associées à la maladie.» Mais comme le risque de développer la maladie est très faible, selon cette corrélation, il y a encore place pour découvrir d’autres éléments plus probants. Certaines recherches amènent également à penser que les perturbateurs endocriniens, par exemple, peuvent constituer des facteurs de risques importants pour l’endométriose et son lien à l’infertilité. La théorie: ils pourraient causer des mutations génétiques ce qui peut amener l’endométriose seule.

10. Tampon, source d’endométriose?

Un récent documentaire français intitulé Tampon, notre ennemi intime, lance l’hypothèse que le tampon serait peut-être en cause dans l’endométriose. Déjà qu’on accuse ces petits bouts de coton blanchis de causer le syndrome du choc toxique, il semble qu’on pointe également du doigt les compagnies qui n’indiquent pas les composantes (parfois toxiques) de leurs produits. Cela dit, plusieurs recherches indiquent que la quantité de dioxine, que la muqueuse utérine absorbe du tampon, serait trop infime. Reste que la question de ce qu’on met dans son vagin demeure primordiale: on devrait pouvoir connaître la composante de ces produits potentiellement dangereux pour la santé.

Vous pensez avoir l’endométriose? Consultez un.e médecin.

PS.: Le site Gynéco Positive offre une liste de noms de gynécos qui sont, par exemple, inclusifs.ves et pro-choix.

Image de une: Intermediate magnification micrograph of the uterine cervix with endometriosis. By Nephron (Own work) [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) or GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html)], via Wikimedia Commons

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